petits et grands secrets d’un témoin du siècle – Jeune Afrique

 petits et grands secrets d’un témoin du siècle – Jeune Afrique

L’ancien président algérien est décédé dans la nuit du 17 septembre à l’âge de 84 ans. Plongée inédite dans les coulisses d’une vie de politique et de pouvoir.


Chef d’État controversé, déchu par le Hirak en 2019 après vingt ans de pouvoir, il fut un acteur et un témoin clé de l’histoire de l’Algérie indépendante. De son enfance au Maroc à la présidence, en passant par son rôle durant la guerre d’indépendance et ses relations avec Houari Boumédiène, Jeune Afrique vous propose de découvrir les coulisses d’une vie de politique et de pouvoir, à travers ces extraits de l’ouvrage de notre journaliste Farid Alilat, Abdelaziz Bouteflika, l’histoire secrète (éditions du Rocher). Itinéraire d’un personnage hors-norme, mû par une ambition aussi dévorante que précoce.

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Une enfance à Oujda

Le père de Bouteflika, Ahmed, s’installe à Oujda à la vingt des années 1920. Il prend une deuxième épouse qui lui donnera son premier fils, Abdelaziz. Le père Bouteflika est l’homme à tout faire de Hadj Boucif, un notable du Maroc oriental qui a ses entrées au Palais royal et auprès de l’administration française. Boucif possède un hammam à Oujda que gère le père de Bouteflika. Sa maman s’y rend de temps en temps pour tenir compagnie à la famille de Boucif. Abdelaziz a peu de relations avec son père, mais entretient des liens fusionnels avec sa mère. 

« C’est au 6, rue Nedroma, à une centaine de mètres du hammam Boucif, dans cette maison avec patio et jardin, que naît Abdelaziz au matin du 2 mars 1937. Abdelaziz Bouteflika a les yeux bleu délavé de son père et le cheveu noir corbeau de sa mère, une belle femme au nez aquilin et au port altier.

Mansouriah a 20 ans, son mari dix-neuf ans de plus. La famille s’agrandit avec les naissances de deux autres garçons, Abdelghani en 1940 et Mustapha en 1953. (…) Abdelaziz Bouteflika entre en classe à Sidi Ziane, premier établissement moderne d’Oujda, fondé en 1907, peu de temps après que la ville fut tombée aux mains des troupes du général Hubert Lyautey.

C’est dans cette école qui fait face au hammam Jerda, avec son grand jardin et ses arbres fruitiers, que s’inscrivent également Ahmed Osman, qui deviendra plus tard Premier ministre de Hassan II, Mohamed Allal Sinaceur, qui fera carrière dans la littérature et la philosophie ou encore Aziz Belal, dont la notoriété comme économiste dépassera les frontières du Maroc.

C’est peu dire que dans cette ville, qui comporte une grande communauté algérienne, Marocains et Algériens vivent en parfaite symbiose. Commerces et administration : les ressortissants d’Algérie qui s’étaient établis ici depuis le début du xxe siècle sont parfaitement intégrés dans cette partie orientale du Maroc.

Grâce à leur maîtrise de l’arabe et du français, les Algériens sont prisés par l’administration coloniale française comme interprètes, cadres subalternes ou gardes-chiourmes.



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