« L’Afrique est notre priorité pour les cinq ans à venir » – Jeune Afrique

 « L’Afrique est notre priorité pour les cinq ans à venir » – Jeune Afrique

Santé, numérique, agrobusiness… Le nouveau patron de IFC (Banque mondiale) détaille à JA les contours de sa mission pour le continent, où il prévoit une enveloppe de 30 milliards de dollars.


Quand Makhtar Diop, qui a pris le 1er mars les rênes de IFC – la filiale de la Banque mondiale (BM) dévolue au secteur privé – a été convié au sommet de Paris organisé par Emmanuel Macron le 18 mai, l’occasion pour étrenner ses tout nouveaux galons était trop belle, après plus de quinze mois de restrictions de voyage.

L’agenda de l’ancien ministre sénégalais de l’Économie et des Finances (2000-2001) s’est rapidement rempli : tête-à-tête avec des chefs d’État dont Macky Sall, rencontre avec le patronat français (Medef), réunions avec les équipes locales de IFC, plateaux télé… C’est un homme très occupé – qui n’avait pas eu le temps de passer par la case rasage ce matin-là – mais néanmoins chaleureux que nous avons rencontré au siège parisien de la Banque mondiale, où il n’était que de passage, devant se joindre dès le lendemain à la délégation accompagnant le président français pour sa visite officielle au Rwanda et en Afrique du Sud fin mai.

Parfaitement au clair avec la feuille de route qui lui a été attribuée par le patron de la BM, David Malpass, à savoir assurer la reprise de la croissance dans les régions du monde les plus touchées par le Covid-19, le premier Africain à la tête de la plus grande institution internationale d’aide au développement détaille pour Jeune Afrique ses priorités pour les cinq prochaines années.

S’il confirme l’attention particulière portée à l’Afrique par IFC – une évolution initiée par son prédécesseur le Français Philippe Le Houérou – Makhtar Diop, qui doit se rendre prochainement au Maroc, veut mettre l’accent sur deux secteurs, le numérique et l’agrobusiness, tout en promouvant d’autres axes forts comme une meilleure couverture santé et un accès au logement décent. Une « stratégie 3.0 » qui doit accélérer l’émergence d’un secteur privé africain.

Jeune Afrique : Quel message porte IFC lors des rencontres internationales comme le Sommet de Paris sur les économies africaines, les Spring Meetings du FMI et de la Banque mondiale ou le sommet Finance en commun ?

Makhtar Diop : Face au choc mondial sans précédent du point de vue de la croissance que représente la pandémie de Covid-19, notre rôle consiste à tout faire pour relancer la machine économique, en particulier en Afrique, le continent le plus affecté par la crise.

Les débats récents, notamment lors du sommet sur le financement de l’économie africaine, ont acté la nécessité d’une relance par des financements publics accrus. Sur ce point, une proposition a été mise sur la table par les gouvernements, celle d’octroyer des droits de tirage spéciaux (DTS) supplémentaires pour l’Afrique, au-delà des quotas imposés par le FMI.

Mais il y a également une dimension « secteur privé », puisqu’une crise aussi importante ne pourra pas être réglée avec le seul appui du secteur public. Sur le volet productif, le privé doit être mobilisé.



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