Décès de l’ex-homme d’affaires et homme politique Bernard Tapie

 Décès de l’ex-homme d’affaires et homme politique Bernard Tapie

Bernard Tapie, un temps érigé en symbole de la réussite sociale avant d »être rattrapé par les ennuis judiciaires, est mort dimanche à 78 ans d’un cancer dont il souffrait depuis plusieurs années, a annoncé sa famille par l’intermédiaire du groupe de presse La Provence.

« Dominique Tapie et ses enfants ont l’infinie douleur de faire part du décès de son mari et de leur père, Bernard Tapie, ce dimanche 3 octobre à 8h40, des suites d’un cancer », précise le communiqué envoyé à La Provence, dont il était l’actionnaire majoritaire.

C’est Dominique Tapie, sa femme, qui a d’abord annoncé la mort de son époux à La Provence, via un appel à sa directrice générale, avant l’envoi de communiqué, a précisé à l’AFP le directeur des rédactions du journal, Guilhem Ricavy, selon qui l’ancien président de l’Olympique de Marseille avait « basculé dans le coma dans la nuit ».

« Au revoir mon Phénix », a posté en parallèle l’un de ses fils, Stéphane Tapie, sur son compte Instagram, en légende d’une photo en noir et blanc de lui et son père, qui fut tour à tour entrepreneur, ministre, acteur, président de l’Olympique de Marseille et patron du groupe de médias.

« Il est parti paisiblement, entouré de sa femme, ses enfants, ses petits-enfants et son frère, présents à son chevet. Il a fait part de son souhait d’être inhumé à Marseille, sa ville de coeur », poursuit le communiqué de la famille à La Provence.

Très rapidement une pluie de réactions a afflué, à commencer par le Premier ministre Jean Castex qui a salué « un combattant », « très engagé contre l’extrême droite, mais surtout pour des causes, son club, sa ville, l’entreprise aussi. Bref un homme très engagé qui a tout donné et je crois qu’on l’a vu aussi contre la maladie ».

L’Olympique de Marseille, dont les supporters multipliaient ces derniers jours les soutiens à celui qu’ils surnommaient le « boss », a estimé sur Twitter qu’il « laissera un grand vide dans le coeur des Marseillais et demeurera à jamais dans la légende du club ». Bernard Tapie est décédé un jour où son ancienne équipe allait jouer, à 17h00, sur la pelouse des Dogues lillois.

Le maire socialiste de Marseille, Benoît Payan, a lui promis que la ville « sera au rendez-vous pour lui rendre un hommage populaire à sa hauteur », ajoutant : « Bernard Tapie, à jamais Marseillais ».

Les grandes dates de l’homme d’affaires, passionné de sport et responsable politique

  • 26 janvier 1943 : naissance à Paris.
  • années 1980 : repreneur d’entreprises en difficultés (Terraillon, Look, La Vie Claire, Wonder, Testut et, son coup d’éclat, en 1990, Adidas).
  • 1989 : élu député « Majorité présidentielle » des Bouches-du-Rhône (réélu en 1993). Affronte lors d’un fameux débat télévisé le leader du Front national, Jean-Marie Le Pen.
  • avril-mai 1992 : éphémère ministre de la Ville dans le gouvernement socialiste de Pierre Bérégovoy. Il le redeviendra pendant 3 mois l’année suivante.
  • 1993 : l’Olympique de Marseille, qu’il préside, remporte la Ligue des Champions. Début de l’affaire du match de football truqué Valenciennes-OM. Vend Adidas à un groupe d’investisseurs piloté en sous-main par sa propre banque, le Crédit lyonnais, alors publique.
  • 1994 : la liste MRG aux européennes qu’il conduit arrive, à la surprise générale, à peine 2,5 points derrière celle du socialiste Michel Rocard.
  • 1995 : procès VA-OM. Est condamné pour corruption. Placé en faillite personnelle l’année suivante, il perd ses mandats électifs. Il fait six mois de prison en 1997.
  • 1996/2008 : écrit, fait de la radio, du cinéma, du théâtre, joue le « Commissaire Valence » dans la série à succès de TF1.
  • 2012 : devient propriétaire du quotidien « La Provence ».
  • 2017 : condamné, après une bataille judiciaire dantesque, à rembourser les 403 millions d’euros obtenus pour mettre un terme à son litige avec le Crédit lyonnais. Dans le volet pénal de l’affaire, il sera relaxé deux ans plus tard. Le parquet fait appel.
  • 2017 : sa femme annonce qu’il souffre d’un cancer de l’estomac.
  • 4 avril 2021 : victime d’un violent cambriolage à son domicile en région parisienne.
  • 09 juin 2021 : fin du procès en appel sur le volet pénal de l’arbitrage. Le parquet requiert, en son absence, 5 ans de prison avec sursis.
  • 03 octobre 2021 : décès des suites de son cancer

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